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DE RETOUR DE L’APOCALYPSE ! PAR DELPHYNE BURLET(ancienne internationale ski de fond/biathlon)
Raconter l’Altispeed, c'est aussi dire : « j'en suis revenue saine et sauve... »
Pour moi qui traîne assez peu mes bottes sur les trails rhônalpins, mon expérience se limitait à des courses disputées le plus souvent par beau temps et où seules mes sensations très personnelles et égocentriques avaient place.
Rien de tel à Val-d'Isère ce dimanche 17 juillet ! Débarquant le samedi, j'avais en tête la météo assez mauvaise annoncée, avec pluie mêlé au vent, et éventuellement quelques grains de grêle. Et sur un tel parcours, il y avait de quoi se faire du souci quant aux vêtements à emporter. Nous devions en effet gravir l'Aiguille Pers à 3386m sur une longue arête et la perspective de se geler au vent m'est venue rapidement à l'esprit. Mais cela s'est révélé bien pire que prévu!
Pourtant au moment de partir, le ciel était à peine traversé de nuages, il faisait encore doux. J'étais en manches courtes et short. Dans mon sac à dos, se trouvait l’équipement obligatoire voulu par l'organisation. Malgré une entrée dans l'enclos de départ avec pointage, j'ai vu des gens avec une simple gourde autour du ventre. De la folie lorsqu’on sait quelles seront les conditions 1h30 plus tard !! Alors, un peu de légèreté de la part des architectes de cette stupéfiante gageure ?
A 8h30, le départ est donné, direction le Manchet, porte du Parc National de la Vanoise. Je ne sais pour quel motif obscur tenant autant de la dyslexie que de l'écervelée, je croyais que la vallée du Manchet était le chemin de retour... M'en étant rendue compte la veille, j'ai dû revoir tout le parcours sur la carte IGN pour le remettre à l'endroit dans ma tête. Plus de 330 concurrents s’alignent et la totalité sur le 32km puisqu'en raison de la météo, l'organisateur s'est résolu à annuler le samedi le grand format, à savoir 65km, qui devait en particulier défier les 3653m d'altitude de la Grande Motte, une des montagnes de légende du Massif de la Vanoise. Sage idée !
Les premiers km s'engagent donc dans la vallée du Manchet, puis c’est la rude escapade du Col des Fours (2976m), jalonnée par deux portions escarpées. Puis descente pour retrouver la route du Col de l'Iseran que nous remonterons sur deux km. Ensuite, de nouveau une ascension mais cette fois-ci hors sentier sous l'Aiguille Pers, légère descente à flanc pour rejoindre le Col Pers à 3009m. De là, nous suivrons l'arête qui mène au sommet, toit du trail à 3386m, et nous reviendrons sur nos pas jusqu'au col en double sens. Puis descente jusqu'au Col de l'Iseran (2764m) avec dernier ravito. Ultime raidard, celui du Tunnel des Lessières (2960m), et enfin retour dans la vallée de Val-d'Isère par la face de Solaise.
Encouragée par une forme grandissante, ma tactique est de partir assez fort pour ne pas me laisser distancer par les meilleures. Sur le long plat de la vallée, tout se passe bien. Mon coeur bat un peu vite et je me résous à marcher dans les premiers lacets pour calmer cette frénésie. En revanche, je cours dès que je le peux. La forme n'est pas au top, je dirai 7 sur 10 à cause d'un vendredi passé accroupie à oeuvrer pour la bonne cause. Les jambes sont bonnes mais sans plus. C’est que je suis assez exigeante maintenant ! Dans ce cas-là, je me dis que ça peut changer en cours de route et ça changera effectivement !
Le sentier est très agréable jusqu'au Refuge du Fond des Fours (2537m, km7), un peu raide mais sans excès, mon rythme est bon et je passe au Col des Fours en 1h35 environ (km8,5). C'est à ce moment-là que la pluie se met à tomber sans discontinuer, drue. Au loin, je vois le premier ravito, la route du Col de l'Iseran et les concurrents qui s'étirent, petits points de couleur dans la brume.
Je gagne bien mouillée la collation, installée au Pont de la Neige (2528m, km12), où je bois un coca et mange une banane. Puis j'attaque la portion de route du col en plat bien montant. Ce pourcentage que je n'aurai pas pu faire en courant il y a deux semaines, je l'avale en trottinant tout en poussant sur mes bâtons, le mollet gauche tirant un peu mais le coeur restant bas à 147. Nickel !
C’est lorsque je quitte l’asphalte pour obliquer vers le Col Pers que je prends la décision de me vêtir. J'enfile mon sous-pull technique pour conditions chaudes et je repars, car ce n'est vraiment pas le moment de prendre froid, le tracé réservant encore beaucoup de longueur et de difficultés ! Mais la pluie tombe tellement fort que je suis rapidement trempée jusqu’aux os et je commence à avoir froid aux mains. L'effort ne suffit pas à me garder au chaud, l'altitude se fait sentir, j'ai un peu faim, mes jambes alternent entre dynamiques et molles, je fais tout pour rester dans le coup, je bois, je grignote un peu. L’itinéraire serpente parmi les rochers érodés par les derniers glaciers sur un parcours balisé hors sentier et technique, captivant au possible ! Mais le vent hurle et accroît la sensation de froid. Je m'arrête de nouveau pour revêtir mon coupe-vent qui s’imbibe après quelques minutes seulement. C'est le genre de K-Way idéal pour la pêche aux moules en Bretagne... Je regrette soudain les gants et le bonnet sortis du sac et laissés dans la voiture ce matin... Je cache mes mains dans les manches et continue de grimper à un bon rythme, en premier lieu pour me réchauffer !!!
Puis le chemin redescend. Nous ne percevons rien dans le brouillard, il faut être très attentif pour repérer le balisage au risque de se fourvoyer... Dévaler me réchauffe un peu. Secrètement, j'espère qu'ils ne nous feront pas gravir l'Aiguille Pers car je crains de ne pas y parvenir dans mon état. Mais au Col Pers (km16), les gars me disent qu'on peut crapahuter... Ok, allons-y. A cet instant-là, je remarque des athlètes dégringoler à vive allure ; à première vue, ils semblent être dans le peloton de tête. S'ils n'en sont que là, me dis-je, combien de temps vais-je mettre pour me hisser jusqu’au sommet, dans ce vent, ce froid, cette pluie qui gifle ??? (30mn me seront finalement nécessaires pour accéder à l’aiguille depuis le col, soit 3h34 de cavalcade).
Et des idées me viennent en vrac à l'esprit : « arrête-toi ! », ce à quoi je me réponds : « JAMAIS ! ».
« Ok, me dit le petit diablotin de mon esprit sur un ton goguenard, dans ce cas, ne te plains pas d'avoir froid !! » Et c'est vrai qu'il ne faut pas pleurnicher. Se lamenter, geindre, c'est subir les conditions extrêmes et c'est la porte ouverte à l'abandon. Et là, à travers cette montagne abrupte et sévère, avec des rafales de vent violentes, la pluie qui cingle le visage, qui ruisselle au point de me mouiller entièrement jusqu'au slip, avec des grains de grêle qui fouettent les jambes, le visage qui se crispe, le rictus pour supporter le froid, il n'est pas question d'abdiquer. Pour aller où ? Personne n'est capable de me prêter des vêtements chauds et secs, personne n'est en mesure de m'épauler. Capituler, c'est l'hypothermie assurée, c'est mourir, pensai-je en moi-même.
Et c'est à partir de maintenant que la course prend une tournure différente pour moi et certainement pour beaucoup d'autres également. La brochure du trail disait : « Vous avez les jambes... mais aurez-vous le mental ? » Ah Ah Ah, je n'ai pas la force de ricaner, juste de mettre mes mains au chaud sous les aisselles, d'avancer un pied devant l'autre et d'arrêter de me dire qu'il fait froid. Le mental entre en effet en action sous la forme de l'instinct de survie. Comme je l’affirmais plus haut, s'arrêter (abandonner), c'est mourir (j'exagère à peine) ou souffrir terriblement. Quitte à souffrir, autant le faire en remuant sans cesse, en avançant et en serrant les dents. L'altitude est encore plus aigüe à supporter pour les muscles ; quand je lève le nez, la tête me tourne terriblement et je vacille. Eole fait des siennes, il tombe des hallebardes et parfois je sens quelques grains de grêle me fouetter les oreilles. J'arrête de me servir de mes bâtons car mes mains gèlent sur les poignées, et in fine je monte mieux sans. François revient sur moi de l'arrière après quelques soucis gastriques et m’informe qu'aucune autre femme ne me menace, la suivante se trouvant à distance respectable. Je suis heureuse de le revoir ; je me faisais en effet du souci en pensant qu'il s'était peut-être fait mal quelque part. Je lui sais gré de me donner un Sporténine et n'ayant pas la force de le prendre dans mes doigts gourds, il me le donne à la becquée comme à un bébé. Ca me fait du bien mais il faut quand même combattre le froid. Le vent c'est une chose mais quand on est trempé, c'en est une autre. Je ne pense plus à ma performance, seul l'objectif de rester au chaud me pousse à marcher vite. Les trailers que nous croisons et qui reviennent du sommet nous disent que nous ne sommes pas au bout de notre peine... Ne pas y penser, avancer, avancer. Eviter les chutes sur les plaques de neige glacée en dévers, ne pas trébucher quand il y a le précipice juste à côté, garder les mains serrées contre soi car le moindre écart fait entrer l'air glacé et croyez-moi ce sont des gestes vitaux !
Enfin, nous arrivons au faîte (km18) et je n'ai pas envie de crier victoire, seulement de me dire : « enfin ! » Là, nous trouvons trois volontaires bien habillés mais dont je n'envie pas pour autant la place ! Rester planté plusieurs heures au cœur de cette tempête, c'est encore plus inhumain que notre équipée sauvage ! J'échange quelques mots avec eux en plaisantant (je ne peux pas m'en empêcher), je regarde mon équipier et m'aperçois qu'il est en bien mauvaise posture : ayant oublié son coupe-vent, malgré un bonnet et des gants, il est en hypothermie. Je l'encourage alors en lui disant que le plus dur est fait et que nous allons vite partir d'ici. Désormais notre objectif est de s’extirper de cet enfer le plus diligemment possible ! Je ne rêve que d'une douche chaude et de vêtements secs !
En redescendant, je booste pareillement tous ces héros que je croise et qui en bavent autant que nous, ils ont tous le rictus du froid sur le visage. Et le fait d'exhorter, d'aider les autres verbalement, occulte mes propres tracas. Et soudain, je me sens pousser des ailes, ma voix porte haute et claire dans l'air froid, mes muscles durcis par le froid sont insensibles et je peux donc attaquer en descente sans ressentir de douleur particulière. Je suis encore loin de l'hypothermie car j'ai une remarquable couche adipeuse ! Mais d'autres n'ont pas cette chance... Au Col Pers en montant, j'étais 5ème dame et je vois deux femmes jeter l’éponge dans la descente pour hypothermie, j'en grille une autre et je me retrouve finalement seconde de retour au col. Seconde ! Qui l'eut cru ? Raison de plus pour voler de plus belle en dévalant la pente ! Les deux bouchées de barres que je mâche ont du mal à passer. Je prends le dessus sur un certain nombre d'hommes et je continue sur mon rythme, rien ne peut entraver ma foulée bondissante. François me suit de loin mais il est toujours là.
Je pense à ma sœur Aurélie, à son accueil chaleureux la veille, et au petit mot laissé sur la table que j'ai emporté dans mon sac et qui dit ceci: « MERDE pour la course. Et YALAA pour la victoire !! » Oui, Yalaa !! Je fonce tout en pensant aux mots d'encouragements de mes proches et ça me porte.
Je fais irruption au Col de l'Iseran (km22) où la soupe chaude à laquelle je pense depuis un quart d'heure me brûle la gorge. Quel délice !!! C'est déjà ça et c'est tellement ! Les bénévoles nous encouragent avec chaleur. François tremble tellement qu'il renverse la soupe sur ses gants. Il se questionne encore à savoir s'il renonce ou non. Puis le brouillard se déchire et on entrevoit le Tunnel des Lessières tout proche. Réchauffé par la soupe, il se décide à poursuivre son odyssée et nous nous élançons aussitôt.
Je pousse des cris de joie en observant que ce col est minable au regard de ce que nous venons de gravir ! Oui, je hurle dans la montagne en disant que l’épilogue est pour bientôt et qu'on va pouvoir se doucher !! Aussi, nous prenons d’assaut la pente dans les gravats d'ardoise. Débouchant au tunnel en 20mn (km23,5), je serre le bras de François en le félicitant de sa bravoure pour s'être accroché jusque-là. Ceux qui le traversent avec nous ont les mêmes vocables.
Nous surgissons dans la vallée de Val-d'Isère et il reste la dégringolade finale, plus de 1100m de dénivelé sur un parcours mi-sentier, mi hors piste, alpin et magnifique à souhait ! Nous gagnons quelques degrés à mesure que nous perdons de l'altitude et ça va très vite mieux.
Je m'applique à adopter la technique de descente que j'ai vue chez un compétiteur et cela va vite. Vite sans faire mal. Nous doublons encore des concurrents. La vérité, c’est que certains font des infidélités à l'Aiguille Pers, préférant ne pas côtoyer l'enfer. Ainsi, je grille la politesse à des femmes mais qui en réalité ne me relèguent pas au scratch. Sur la pelouse alpine, nous dévalons sur des joubarbes, des raiponces, des pieds de chat, l'herbe est très verte, adorable ! Il tombe toujours des cordes, le brouillard noie le paysage et nous attaquons enfin la face de Solaise sur la piste de VTT. Plus nous descendons, plus c'est boueux. Soudainement, je veux enjamber un pont de bois et au moment où mon pied va se poser, je me dis « Mais... un pont de bois humidifié, ça glisse... » et vlam, je me rétame à plat ventre ! Plus de peur que de mal, on s’esclaffe !
La brume se déchire juste en entrant dans la station, l’ultime sentier dans la forêt de mélèzes est hyper glissant puis c'est l'arrivée où nous nous donnons la main pour sceller une épopée âpre, exigeante, piégeuse, redoutable, dantesque. En substance, une course d’anthologie où nous avons eu besoin de mobiliser d'autres éléments que notre seule force physique.
5h24’51 pour 32km, accusant un différentiel de 2500m positifs et autant négativement. Les forces vitales et mentales ont été plus que nécessaires, nous avons mis en exergue le volet psychologique, non pour performer, mais pour ne pas s’avouer vaincus et ainsi rallier au plus vite l'arrivée, conséquemment la sécurité et la chaleur. Certains n'ont pu l’entreprendre, soit par manque de matériel adapté, soit parce qu'ils ont craqué physiquement ou mentalement. Je compatis bien sûr !
Et la douche a été divine ! Mais quel bonheur ! Dans le plus grand parc aquatique des Alpes, rien de moins ! J'ai échangé mes impressions avec d'autres « survivants » qui partageaient mon avis : là-haut, c'était l'apocalypse !
Nous avons attendu un certain temps pour la remise des prix, car du fait que certains avaient boudé l’Aiguille Pers et que les pointages avaient été superficiels, le classement était erroné. Pas pour les 30 premiers mais pour les suivants. J'en connais qui ont été « volés » de leur podium. Je me classe finalement première dauphine, une prestation que j'apprécie à sa juste valeur et que je n'aurais jamais espérée. La lauréate, la Bourguignonne Virginie Govignon, achève son périple en 5h14’08 et la 3ème, la Suissesse Christine Oguey Diaque, en 5h45’46, une fille que je n’ai devancée que sous l’Aiguille Pers en rejoignant le col éponyme.
J'ai été particulièrement gâtée par les organisateurs, étant donné ma seconde position au scratch et mon succès chez les quadras : un collant 3/4, une double paire de chaussettes, un tee-shirt technique BIONIC, un kilo de Beaufort et un forfait journée sur le domaine. Génial !
Chez la gent masculine, c'est le talentueux et très sympathique Chamoniard Damien Vouillamoz qui s'impose en 3h32’21 !! Il nous a fait un récit de sa chevauchée. Il n'a pas eu froid du Col à l’Aiguille Pers (merci sponsor !), en raison de vêtements idoines, mais en revanche il a été victime d'un effroyable coup de pompe lors de l’ascension du tunnel où le Chambérien Alexis Traub l'a alors rejoint. Ils ont accompli la descente de conserve et Damien le précède de 42 petites secondes ! A la régulière ! Le 3ème, l’Isérois Clovis Dalban-Moreynas, pointe à 12’55.
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à l’endroit des maîtres d’oeuvre de l'ITT pour leur générosité et sympathie ainsi qu’aux bénévoles pour leur témérité ! J'espère bien être là l'an prochain pour le second millésime. A bien des égards, c'est une épreuve admirable qui mérite considération. Et son appellation de plus haut trail d'Europe ne peut que raffermir son attractivité.
Ar'vi pa!
DELPHYNE BURLET
L'altispeed vu par Elodie Regazzoni 3ème Sénior(Team X Bionic Aventure) sur son blog
L'Altispeed vu par Caroline Schimpft:
Après une bonne nuit de sommeil me voilà prete pour vous faire un petit CR!
Donc inscrite à l'altispeed un trail de haute altitude de 32km et 2500m D+, inscrite dans le but de rejoindre le Team Swisstrail, donc une course de séléction pour moi... ca me met la pression tout ca! de plus que c'est mon premier vrai trail et que d'après ce que j'en entend c'est vraiment technique et difficile....
samedi en fin de journée retrait du dossard, n° 401! puis briefing: au vue de la météo détestable l'ITT, le grand parcours est annulé et tous le monde prendre départ a 8h30 pour l'Altispeed.
retour au chalet souper: riz, poulet, courgette, lentilles, puis dodo tot!
dimanche matin réveil à 5h45. petit dèj: œuf, jambon, gatosport et thé. puis on fait les sacs, choix de la tenue: le coach a dit tenue légère... donc je part en short, et en haut: t-short + manchette et coupe vent, avec encore un pull dans le sac...
7h45 échauffement de 30' puis direction la ligne de départ. je met met pas trop devant, mais pas trop derière non plus, on me donne encore quelques conseil puis c'est déjà 8h30 et top départ! ca part vite... et après une petite descente qui donne de l'élant on attaque droit en montée...petit bout sur la route puis on part dans la montagne, il fait couvert c'est agréable! je suis partie un peu vite, je ralenti petite foulée je surveille ma FC qui est bien haute.. je vais veillé a ce qu'elle ne dépasse pas trop les 85%.. 3km de montée tranquille, je trottine ca va bien puis on attaque la première vrai montée: je vais marché car la FC s'affole et ce n'est que le début...
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je continue ma montée tranquillement mais quand meme à un bon rythme, le paysage est sympathique, mais ca se couvre de plus en plus.. quelques goutte de pluie par moment mais rien de bien méchant pour l'instant.. je pense à bien boire, une gorgée toutes les 10 minutes: en alternant eau et hydrix (a la menthe il est excellent!) et gel toute les heure.
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Arrive le km 7, la première barière horaire et le premier ravito. un bout de banane unpeu de saucisson re un bout de banane et un bout de chocolat et je repart... juste après le ravito je croise un gars du team Swisstrail, il a de la peine... il me dit de pas l'attendre.. il finira par abandonner...
montée sur le col des four:
 Uploaded with ImageShack.us il se met a pleuvoir sa souffle fort... je met le coupe vent mais je suis vite détrempée.. je continue toujours ma montée rythme cool ca va me sens bien! bonne sensation c'est top! eau, hydrix, gel.. ca me convien!
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arrivée au sommet du col des fours 2433m: le paysage est magnifique! malgré la pluie, le vent, les nuage.. je m'attarde pas, juste une petite photo et j'attaque la descente!
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ca descent bien c'est cool je m'éclate! pleut toujours et de plus en plus fort... passage sur névé, un peu casse-gueule mais ca va, je descents bien suis à l'aise.. première chute,,, ben vi ca glisse a fond.. un beau bleu sur la fesse et un genou tout rapé.. pas grave on continue...
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arrivée au ravito du col de l'Iseran, 2 vers de coca, banane, cake , chocolat et ca repart... petit bout sur la route, ca monte, je décide de marcher a bonne allure...
et on rataque une méga montée qui va nous amené au sommet de l'aiguille Pers 3386m je continue a bien m'hydratlé a a prendre des gel toutes les heures, les sensations sont toujours ok, mais la météo c'est de plus en plus la cata... ca souffle fort ca pleut a vers et fait froid.... tres froid.. faut que je mette mes gant mais j'ai tellement froid aux main que je n'arrive meme pas a défaire les boucle de mon sac,,,, j'y arriverai finalement quand meme.. mais les gats ne réchaufferont pas bienlongtemps dès que c'est trampé fait a nouveau froid....
 Uploaded with ImageShack.us bon là on rentre vraiment dans le dur... on attaque l'aret de l'aiguille Pers.. super étroit super technique et je suis transi de froid.. je veux bouger mes mains, mes doigts pour les réchauffer, mais il ne veulent plus.. je sens plus mes pieds, mes cuisse me brule comme si on me plantait des aiguille et je commence a a voir la tete qui tourne, et j'arrive pas a ouvrir ce gel... me contenterai d'hydrix, qui me redonne un peu d'énergie.. je continue mais c'0est dur, vraiment...... j'arriverai pas au sommet, il est on fermé l'accès mais je monterai quand meme jusqu'à 3280m.
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sur la redescnte je peux courir un peu et ca me réchauffe.-.. arrivée au col, ravito et navette de rapatriement pour ceux qui abandonne... je réfléchi... veut pas abandonne, je veux mon t-shirt moi, veux aller au bout.... mais j'ai froid... bon un bol de bouillon, un verre de coika un bout de banande de cake de chocolat plus tard me voila reparti pour attaquer la dernière montée celle qui nous mène au Tunnel des Lessières. sacré montée... dans la moraine, y a rien qui tiens.. c'est détrempé pleut toujours autant, mais au moin on est a l'abris du vent...y aplus grand monde.. me sens un peu seule...
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ca monte vraiment beaucoup, je m'aide des mains.. les sensation sont a nouveau bonnes! va bien! je m'éclate! arrivée au tunnel je le traverse puis c'est 1000m de descente qui nous attend!!!!!!!
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donc ca descent et bien! dans la boue, les petit ruisseau se sont transformé en torrent... mais ca va... je rattrappe un gars qvec qui je ferai toute la descente, il vient de Paris et il a pas l'habitude des montées......
super la descente! j'adore! je prend mon pied!!! mais ca glisse.... vais meme finir a plat ventre dans la boue,, puis une autre descnte sur les fesses... enfin je termine couverte de boue de la tete aux pieds.....mais c'est trop coool!!!!!!
vala enfin en bas... la ligne d'arrive juste là... je ne sais pas ou j'en suis, ma garmin n'a plus eu de battrie avant la fin.. (me manquera 13' de course soit 2,5km et environ 300m de D-)
je trouve meme l'énergie de sprinter pour passer la ligne! pas un mega sprint on est d'accordd mais quand meme une belle accélèrée!!
ligne passée en 6h23'33''!!!!!!
suis trop contente j'ai terminer! malgrés des conditions qui on était qualifiées d’extrême! et j'ai pas trop souffert je crois...
me met au chaud, je retrouve le team; j'apprend que plusieurs on abandonner, d'autre sont arriver mais on bien souffert et Damien a fait une belle première place! beau podium pour le team:
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mange un sandwich, je bois du thé, j'ai beaucoup de peine a me réchauffer mais ca va... suis juste épuisée......... retour a la maison, re-douche et dodo... bien mérité....
ce matin pas de courbature! par contre j'ai les genoux en vrac... plein de bleu et super douloureux....mais sinon suis en forme! j'ai juste envie de repartir!!!!
le lien garmin pour qui ca intéresserai: http://connect.garmin.com/activity/99886612
vraiment pris beaucoup de plaisir! super expérience, j'ai hate du prochain!
et merci a vous tous pour vos encouragements, grace a vous si j'ai pu aller au bout... |
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| L'Altispeed 2011...vu par Matthieu Bourgignon (18ème)
Comme promis, voici un compte rendu de ma 1ère course de montagne qui se déroulait donc en haute tarentaise. Pour cette course prévue à Val d'Isère qui doit me servir de test / préparation avant l'objectif de fin Août dans les Pyrénées, je profites du pont du 14 Juillet car quitte à se rendre dans les Alpes autant y passer quelques jours. Le we est prévu avec un jeudi soir à Chambéry chez mes cousines, un vendredi soir à Montchavin chez Jean-Yves (beauf de Gilles) et un samedi soir en tente sur Val d'Isère car le départ est prévu à 4h00 le dimanche matin pour un tour de 65kms avec 5000m de D+. Nous arrivons donc à Val d'Isère le samedi pm tranquillement avec Jean-Yves qui est inscrit également sur cette course pour retirer nos dossards, ce que nous faisons au centre des sports de val vers 17h45 et attendons la réunion d'information obligatoire qui doit avoir lieue à 18h30. Le temps pour moi d'acheter des Yatracks (sorte de chaînes pour chaussures permettant courir sur la neige) obligatoires pour cette épreuve. Seulement voilà, on nous annonce à 18h30 après nous avoir passé un film pour nous montrer les somptueux paysages que nous devons traverser que l'ITT est annulée pour cause de météo très défavorable Je ne vais pas m'attarder sur les diverses anecdotes qui font de ce 1er jour en haute tarentaise une journée désagréable mais bon avec J-Y on va se poser au camping un peu désabusés et énervés. Seul point positif, le réveil va être moins matinal que prévu puisque nous sommes rebasculés sur l'Altispeed qui fait en gros la moitié de la distance et dont le départ sera donné à 8h30 le dimanche matin. Nous voilà donc sur la ligne de départ le dimanche matin avec nos sacs un peu allégés mais pas trop car autant tester la configuration qui sera celle de fin août. Vu le temps menacant je pars en collant long, t-s manche courte et veste imper sur le dos. Le départ est donné et ça part plutôt vite mais je me force à courir doucement car je sais que même si les 3 1ers kms sont en pente douce ca ne va pas durer et que nous allons prendre directement 1200m de D+ pour arriver au Col des Fours à 2980m. Pour un parigo comme moi qui n'ai pas mis les pieds en montagne depuis le marathon du Mont Blanc l'an dernier ca risque donc d'être difficile et autant la pente que le manque d'O2 risquent de me faire très mal. Je me cale doc à un petit rythme vers la 30eme position (sur 315 au départ) car je sais que ca va être long. Dès le début de la "vraie" pente, j'alterne marche sur les portions les plus pentues et course quand c'est possible. Je double quelques traileurs, me fait doublé mais bon tout va bien jusqu'à 200m du col ou je commence à ressentir le manque d'oxygène. Pas de mal des montagnes ni rien mais plutôt du mal à bien respirer donc je lève un peu le pied tout en m'inquiétant un peu car nous ne sommes qu'au début du périple. Coup de chance, le corps s'habitue très vite et au bout de 20mn tout est rentré dans l'ordre, juste avant une 1ère descente de 400m de D- qui me permet d'accélérer un vrai coup et de reprendre 5 ou 6 coureurs. A ce moment la pluie commence à tomber vraiment fort et nous attaquons une nouvelle côte qui en plusieures étapes va nous mener à 3390m sur l'aiguille Pers. Tout le début se passe bien et je monte à un bon rythme (en tout cas j'en ai l'impression et on ne me double pas) mais à partir de 3000m, il commence à vraiment faire très froid, on prend sur la tête un pluie violente et le vent est de plus en plus fort. Au bout de quelques minutes, je n'arrive plus à bouger mes doigts, impossible d'ouvrir un gel ou autre ni même de refermer les aèrations de ma veste. Il faut donc se faire violence et continuer à grimper comme on peut, c'est un vrai moment de galère et je songe même à arêter la course tant je suis gelé (la t° ressentie est très en dessous de 0°C et en étant bien mouillé et dans le vent c'est horrible). Je croise les 1ers qui redescendent comme des fous et compte que je suis dans les 25 1ers de la course, je continue donc en pensant aux efforts faits pour arriver là et à ceux qui vont passer bien plus de temps que moi à cette altitude. Arrivé au sommet, on me demande mon n° de dossard et je redescends, quel bonheur de sentir les degrés remontés rapidement et les doigts rebouger un par un. Je croise J-Y qui est gelé aussi (et qui lui doit encore faire la montée) et continu ma route sur une portion plus "roulante" sur laquelle je me sens vraiment bien. Je sais maintenant que le plus dur est fait et que je finirais d'autant plus que je ne ressens aucune fatigue physique à part les muscles un peu tétanisés par le froid qui tirent de plus en plus. Ravito au col de l'Iseran ou je ne m'arête pas malgrès un certain intéret pour la soupe vermicelle bien chaude (je suis partit avec des réserves donc je n'ai touché à aucun ravito) puis remontée (la dernière) vers le tunnel des crêtes. Une côte très difficile à mon goût car très pentue et surtout sur un terrain instable ou mes pieds reculent régulièrement de 20cm quand je pousse dessus. Je monte donc à 4 pattes jusqu'à attraper la corde mise en place pour nous assurer de ne pas redescendre involontairement. Passage dans le tunnel puis on m'annonce que ca descend jusqu'à l'arrivée. Je suis en forme et me lance donc pour 8.5kms de descente (enfin on m'a un peu mentit et il y a 2 ou 3 bosses à passer tout de même) sur piste 4x4 puis hors sentiers (passage près du lac de l'Ouillette) puis piste VTT jusqu'à l'arrivée ou presque. Les jambes vont bien donc je descend à un bon rythme. Je double 4 concurents un peu "cuits" sur cette descente et passe la ligne en 4h29'15s, content d'en finir car la dernière descente à fait mal aux cuisses et que j'en ai un peu marre d'être sous la pluie. En tout cas, parcours rendu très technique par les conditions météo, beaucoup d'abandons, pas mal de traileurs qui ont tronqué le parcours pour ne pas monter tout en haut donc satisfait de faire parti des finisher et exactement dans le temps escompté puisque le matin j'annoncait à j-y viser 4h30. Le bilan est bon, la forme est là, j'ai le foncier pour faire bien plus que 32kms, manque encore un peu de travail des cuisses et surtout quelques sorties en montagne afin d'avoir des côtes de plus de 5mn à grimper. J'aurais je penses en partant bien sûr sur un rythme plus cool pu refaire une boucle mais pour rien au monde je ne serais remonté à l'aiguille Pers par ce temps.
En tout cas, si tout va bien je devrais ête en forme pour fin août et l'objectif de la saison.
L'Altispeed vu... par Phillipe Carpentier (Trail EDF-Paluel)
Retour sur l'Ice Trail Tarentaise, celà commence avec le briefing sécurité la veille à 18H30, l'horaire ne m'arrange pas car je suis logé à 1H30 de route (Combelouvière) et le départ de l' ITT est fixé à 4H00 !
Et là stuppeur ! L' ITT est annulée à cause des conditions météo exécrables attendues, je suis maudit avec les ALPES après l'annulation de la TDS l'année dernière !!!!
Tout le monde est engagé sur l' Altispeed de 32 Km ( 2500 D+ ) qui reprends la fin de l'ITT, soit environ 400 coureurs. Pour me consoler, je dors quelques heures de plus car la course est prévue à 8H30. Vu les conditions annoncées, le sac sera config UTMB, avec tout le matériel obligatoire.
1/4 d'heure avant le départ, un rayon de soleil, je décide de partir en short et tee shirt car 1100 m de dénivelé m'attendent d'emblée, je sais que je vais attraper une suée .....mais ça ne va pas durer.
Le départ de Val d'isère à 1850 m d'altitude, se fait sur 4 Km en faux plat montant, ça part très vite pour tout le monde, je sens déjà que je n'ai pas les bonnes jambes, sûrement dû aux 2 sorties rando-course de 6h et 4h effectuées dans la semaine et les randos en famille !
Je décide de faire la montée au col des Fours tranquillement. Au bout d'1h de course environ , la pluie se met à bien tomber, il faut sortir le coupe-vent et les gants MAPA qui me servent de gants étanches.
Au sommet du col des fours (2976 m) c'est la 1è fois que je suis à près de 3000 m dans un trail, et par mauvais temps de surcroit ! Là haut il fait terriblement froid, je passe le col et m'abrite du vent 50m après pour mettre la polaire sous le coupe-vent, les gants en microfibres sous les MAPA, un pantalon K.WAY par dessus le short et un bonnet. Tout était bien sec car ils étaient enveloppés dans des sacs congélation avec ZIP. Merci Alain pour le tuyau ( papy pour les intimes)
Je m'inquiète d'un traileur courbé en deux au sommet, je l'invite à me rejoindre à l'abrit du vent, il avait déjà les doigts gelés avec ses gants en Gore-Tex. Tout compte fait, je m'en sors bien avec mes gants à 2,40 euros ( mais il était temps que j'en enfile d'autres en dessous ). C'est pas très esthétique (voir les photos) mais au moins je supporte bien le froid. Il manque juste le buff autour du cou mais j'ai commis l'erreur de le porter sur la tête en début de course et il est trempé !
Ainsi équipé, je peux m'attaquer au col de Pers.
Sur un névé, je manque de glisser, mon bâton s'enfonce d'au moins 50 cm !
Arrivé au col de pers (3009 m), je vois des coureurs continuer à monter et d'autres qui redescendent par le même chemin, un des officiels de la course et un guide du parc de la Vanoise m'expliquent qu'il faut encore monter à l'Aiguille Pers (3 386 m) ou un pointage est réalisé.
La montée a été très très difficile, je n'arrivais plus à respirer correctement avec l'altitude, la pluie, les rafales de vent. N'ayant personne devant moi je recherche en permanence le balisage, dans un brouillard qui ne nous laissait jamais aperçevoir le sommet.
Tout ça pour m'entendre dire au sommet que l' Aiguille Pers est shuntée vu les conditions météo dantesques et qu'il n'y a plus de pointage ! Pourquoi m'a t'on laissé monter ?
Là haut, j'évite toute polémique car l'officiel était affairé avec une femme en hypothermie, pour tout habillement elle avait un collant long, un vêtement manche longues et un pseudo coupe-vent en plastique transparent. Je lui ai proposé ma couverture de survie mais apparement, elle en avait une dans son sac....
En redescendant, je m'aperçois que derrière moi, à part un traileur qui me suivait de près ( et qui m'a gentiment pris en photo au sommet malgré ses doigts gelés ) personne n'est monté ! Dailleurs je ne vois plus aucun coureur !! Le jalonneur qui m'a laissé monter à l'aiguille a fait bifurquer tout le monde vers le col de L'Iseran.
N'ayant pas pointé, je me retrouve à la même enseigne que ceux qui ont shunté cette partie, j'ai du mal à m'expliquer avec l'officiel car mes lèvres sont gelées suite à mon escapade à 3380 m . L'aller-retour sur l'aiguille m'a pris environ 1h15 et je suis pressé de redescendre à une altitude plus clémente !
Mon moral en a pris un coup, je ne pense alors qu'à être simplement finisher.
Dans la montée au tunnel de Lessières, outre que c'est un amas de roches, la structure du sol avec la pluie me fait penser à l'ascension d'une dune de sable: aucun appui !!
Je pensais m'abriter de la pluie dans ce petit tunnel pour me ravitailler, mais c'est un vrai courant d'air (il fait à peu près 50m de long et débouche de part et d'autre de la montagne ). D'ailleurs c'est gelé à l'intérrieur ! En prenant des photos du tunnel, je m'aperçois qu'une pellicule de givre s'est déposée sur mon objectif !! Heureusement que mon Panasonic est anti-choc et étanche car il en aura vu dans cette sortie !!! Pendant que je nettoie mon objectif tout en mangeant un mule-bar, un jalonneur présent dans le tunnel me propose spontanément de me prendre en photo à la sortie du tunnel. Je crois que l'on peut rendre hommage à toutes les personne qui étaient présentes sur le parcours tant pour leurs encouragements, leur disponibilité, leur gentillesse mais aussi leur courage !
Vu le monde aux ravitos, j'ai shunté ceux des Km 7 et 14, j'ai juste repris 0,5 l d'eau à celui du Km 22. Pour le reste, j'étais en auto-suffisance alimentaire sur un 32 bornes. Si je fais le bilan, j"ai bu 1,5 l en 7h pour dire la T° qu'il règnait !! A comparer avec l'Annecime ou pour à peu près la même distance j'ai bu 2 x 1,5 l et je suis tombé en panne d'eau pour finir la course !
La descente vers Val d'Isère n'est pas mal non plus, agrémentée de remontées abruptes sur des espèces de collines
La descente se fait en grande partie à travers les alpages bilan : 2 chutes dans l'herbe mouillée !
Avec la pluie qui tombe sans arrêt les quelques parties planes se transforment en mares géantes qu'il faut traverser pour suivre le balisage !
Enfin la dernière partie de retour sur Val d' Isère se fait sur un parcours de descente VTT, des petits ponts en planches ont été réalisés pour enjamber les ruisseaux : très glissant : 3è chute ! En sortant du ruisseau , je décide de finir la descente en marchant, d'ailleurs le reste du parcours s'est transformé en torrent de boue par le passage des concurents précédents et les ornières faites par les VTT : à descendre cramponné sur ses bâtons.
L'arrivée se fait évidement sous la pluie, pas de grosse ambiance pour accueillir les finishers en plein dimanche après-midi, uniquement 3 courageux officiels sous leurs ponchos sur la ligne d'arrivée.
Pour résumer, l'essentiel du parcours se fait hors des chemins balisés, à altitude élevée, on est constament sur des pierriers, à escalader ou descendre la roche, ou à couper à travers les alpages. Parcours très très technique.
De plus , les conditions météo étaient extrêmement difficiles ( 2 alpinistes de 30 ans perdus sur le mont blanc sont décédés à 4200 m d'altitude ) et vu l'équipement de certains, rendre obligatoire le matériel identique à l'UTMB ne serait pas du luxe pour un trail à + de 3000 m.
Sans conteste le trail le plus difficile que j'ai eu à effectuer !
Pour ceux qui sont intérressés par cette balade sympa en montagne au mois de juillet, il y a une résidence CCAS à 1 km du départ de la course ( période verte )
A part les premiers, le classement ne veut plus dire grand chose, entre ceux qui ont fait l'intégralité du parcours et les autres.....Mais bon, les organisateurs ont pris leurs responsabilités et la sécurité des traileurs prime avant tout.
Le classement devient anecdotique, la vraie perf a été de finir ce trail !!!!
CLASSEMENT : 394 inscrits....92 non partants........92 abandons........ 210 finishers
206....... Philippe Carpentier....... 7h 06 mn 22 s
Altispeed 2011 vu par David Bassinet (96ème)
De retour au bercail voici le CR de cette aventure apocalyptique à Val d’Isère avant de commencer mon CR habituel, rien de mieux que celui de l’organisateur pour présenter le coté »exceptionnel » de cette course rendue hallucinante par les conditions du moment.
CR ORGANISATEUR VAL D’ISERE A LIRE ABSOLUMENT.

Après cette introduction peu habituelle voici mon CR de cette journée hors norme. Arrivée en maurienne vendredi je profite des deux premiers jours pour me reposer un peu consulter avec précision la météo de haute montagne car j’entends ici et là que ça s’annonce par terrible. Samedi soir le verdict tombe »gros mauvais temps » made in Savoie. Après quelques hésitations je décide de me rendre à Val d’Isère pour juger de l’ambiance ! Sur la route et le col de l’Iseran RAS hormis un chamoix et des marmottes qui m’accompagnent le long de ma route. Après une heure de route j’arrive à bon port. l’organisation pour une première est très bien rodée et le plateau assez relevé semble-t-il avec les TEAMS SCOTT, ALTECSPORT, SWISSTRAIL, LAFUMA …. bref ça va bagarrer devant. Premier constat le parcours long est annulé pour risque météo !
J’hésite à prendre le Goretex mais les météo me conduit à jouer la sécurité. 8h30 la meute est lâchée ! quelques km de plat et on enchaîne la première montée je calme l’allure car je suis partie un peu vite (comme d’hab) la montée vers le Col des Fours (2500 m) permet de se mettre en jambes, j’alerte marche et course, plusieurs coureurs me doublent, je ne m’affole pas car je reste tout neuf en haute montagne. Premier ravito Km7 passé rapidement, les premières gouttes tombent et le vent se lève arrivé au col, je débute ma descente avec précautions car les appuis changent radicalement, pierres, glaces, neige pas le temps de s’attarder sur le paysage car le mauvais temps gronde ! J’arrive à un ravito pas prévu sur le topo au km12, commence la grosse pluie ! j’en profite pour mettre la veste et boire une soupe chaude et je discute avec la première féminine du TEAM LAFUMA (Virginie Govignon) qui arrive au ravito. Je repars sans traîner car il commence a faire froid, je repars avec un coureurs venu d’Auvergne qui m’explique que le parcours risque d’être raccourcie. Les km s’enchaînent et je marche de plus en plus , la météo est horrible et le ciel de plus en plus gris et perte de visibilité. On commence à monter tranquillement vers le point culminant du parcours L’aiguille Pers (3400m), à ce moment je suis bien je reprends une foulée correcte, des bénévoles chaudement habillés nous indiquent la montée finale vers l’aiguille Pers en nous indiquant d’être vigilant ! Commence une véritable montée vers l’enfer, le froid s’accentue ainsi que le vent, la pente est raide et la visibilité quasi nulle, je décide de prendre un bonnet dans une poche mais impossible ma main gelée ! je demande à un coureur de m’aider pour l’attraper, ça sent pas bon tout ça, certains sont couchés dans leur couverture de survie et d’autres qui descendent de l’aiguille nous disent de mettre tous le chaud que nous avons (gants, bonnets…) les derniers mètres sont hallucinants, au bord du glacier le vent est violent je peine à tenir debout et j’avance très très lentement, enfin la délivrance je donne mon n° de dossard et je commence la descente, on ne voit pas grand chose le schist coupant et glissant laisse place à une pente moins raide et un peu de visibilité, un moment de concentration et vlan ! une chute sur les genoux ! je me relève, vérifie qu’il n’y a pas de gros bobo et poursuie ma route, je revins vers 2000m et surprise, l’alpage se transforme en boue, changement de foulée et surtout les glissades s’enchainent.
Arrivée au col de l’Iseran (2700 m) le dernier ravito, je commence à prendre froid et je n’arrive pas à boire une soupe chaude tellement je tremble. Il ne reste plus que le passage à 3000m au col de Lessières mais ce dernier D+ est vraiment dure à cause du sol glissant et tranchant, la bascule est faite ! ça ne s’arrête pas de pleuvoir une horreur, je double des concurrents dans la descente, le moral revient, je décide d’allonger ma foulée car les sensations sont bonnes mais le terrain est vraiment glissant, ça loupe pas ! vlan une nouvelle chute dans la boue et l’herbe pas de bobo mais je suis plein de boue. La ligne d’arrivée arrive et je double un dernier concurrent avant d’en finir en 5h35 v(94ème au scratch) ! C’est la première fois que je suis aussi heureux d’en finir je crois, on me prend mon dossard en m’indiquant que le classement n’est pas révélateur car le parcours à été modifié en cours de course, bref nous sommes une partie à avoir tout fait et les autres non. Le % d’abandons est énorme (30% environs pour environs 320 partants) et la satisfaction première est d’avoir terminer cette épreuve rendue très difficile par la météo.
La suite est habituelle, paella géante pour tout le monde un ticket pour se baigner dans le superbe complexe OXYGEM de Val d’Isère et un tee shirt (pour une fois de bon goût). Au final je suis surtout content d’être rentré entier de cette course. La montagne est superbe mais imprévisible et mérite toutes les précautions en terme de préparation et d’équipement. Reste à récupérer et prépare le Trail du Galibier fin août.
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